Article paru dans le journal "Le Bien Public".

07.03.2003
Premières rencontres européennes de l'étiquette et du vin des 8 et 9 mars 2003
Beaune : Passion oenographilie



André Cordier collectionne les étiquettes de vin depuis maintenant une dizaine d'années Parmi ses étiquettes les plus rares, ce clos du Maréchal-Pétain Qui connaît encore le Pommard mousseux, sinon les oenographilistes ? (photos X.C.)

 

 

 

 

Beaune accueille ce week-end les Rencontres européennes de l'étiquette et du vin, premières du nom. André Cordier, un amateur du genre, autrement dit un oeœnographiliste, nous fait partager sa passion.


On connaît tous, ou presque, les collectionneurs de timbres et de monnaies, respectivement les philatélistes et les numismates.
Mais, sans parler des collectionneurs de clous (clavalogistes), et oui, il parait que cela existe, tout comme les collectionneurs de corbillards ! (les philicorbiens) - il faut croire que cela existe aussi -, savez-vous comment se nomment les collectionneurs d'étiquettes ? Tout simplement les oenographilistes. Les hellénistes distingués apprécieront. André Cordier est de ceux-là.
Une quarantaine de classeurs
Âgé aujourd'hui de 75 ans, cet habitant de Chorey-lès-Beaune, s'est découvert cette passion pour les étiquettes de vin voilà une dizaine d'années. A cette époque, le hasard a voulu qu'il découvre une exposition qui se tenait au château de Savigny-lès-Beaune. Séduit par l'intérêt et la qualité des étiquettes exposées, il se lance à son tour dans l'aventure. Un lent et passionnant travail de collecte débute. Chez les oenographilistes, pas question d'argent, ou de cotation, à de très rares exceptions près. Ici tout se passe via les échanges, ou le système D.
Dès lors, il faut faire jouer ses relations parmi les négociants et autres viticulteurs, ou encore ne pas hésiter à écrire ici ou là. « Le plus souvent, nos interlocuteurs sont charmants et nous envoient quelques exemplaires », relève ainsi André Cordier, qui a eu par ailleurs la chance de tomber sur le stock de quelques maisons de vins de Beaune. « Et puis j'ai fait aussi, comme tout le monde, les bennes à verre. Une vraie mine ! Encore faut-il réussir à décoller les étiquettes. » Ainsi faisant, André Cordier est aujourd'hui à la tête d'une collection de plusieurs milliers d'étiquettes. Grâce aux amis, à la famille, et autres relations, elles proviennent de toute la planète : Amérique du Sud, Australie, États-Unis, etc. Comme tout bon collectionneur,
André Cordier les classe dès lors par thème : sports, bateaux, musiques, fleurs ou encore avions. A ce jour, il a confectionné ainsi une quarantaine de classeurs réunissant chacun plus de 500 étiquettes.
Hospices de Beaune 1898 au clos du Maréchal-Pétain
Mais ce dont il est le plus fier aujourd'hui, c'est sa collection d'étiquettes dédiées aux Hospices de Beaune et à la Saint-Vincent Tournante. Pour celle de Chorey, en 1995, il avait d'ailleurs lui-même dessiné une étiquette (mais elle n'avait finalement pas été retenue).
Quant aux Hospices, il en compte des centaines, dont certaines très rares comme celles du clos du maréchal Pétain, en 1940, et 1942. Une cuvée des Dames Hospitalières.
C'est encore une très belle et très sobre étiquette de 1898, grand vin des Hospices de Beaune. « Je l'ai trouvée sur une décharge », se souvient André Cordier. Toujours à l'affût, il est même tombé lors d'un séjour dans le Midi de la France sur d'étonnantes étiquettes d'eau de Cologne cette fois, estampillées Confrérie des parfumeurs de France, et copies conformes de celles du Tastevin.
Autant dire que la Confrérie n'a guère appréciée.
A défaut d'exposer, il sera présent samedi et dimanche à Beaune, histoire, qui sait, de dénicher de nouvelles étiquettes, et bien sûr d'échanger et de partager sa passion.
Xavier COURNAULT