Article paru dans le journal "Le Bien Public".

08.08.2003
Lourdes pertes pour l'abbaye de Cîteaux
La ferme de l'abbaye sera reconstruite


Il ne reste plus que ces vestiges du sinistre qui a détruit une partie de la ferme


Après l'incendie qui a ravagé deux grands hangars agricoles de l'abbaye de Cîteaux, au cours de la nuit de lundi à mardi, les moines sont bien conscients d'avoir évité de justesse la catastrophe.

M ercredi matin, les pompiers de Nuits-Saint-Georges et de Brazey-en-Plaine avaient détaché des équipes pour éviter toute reprise de l'incendie. Les 500 balles de foins qui ont été arrachées aux flammes et épandues à l'extérieur étaient encore fumantes. Ici et là, on pouvait voir quelques flammèches. Les premiers experts des assurances se sont succédé. Les assurances vont rembourser dans un premier temps, le coût du préjudice subi par la perte du fourrage. Ces 500 balles représentaient 80 % de la récolte de la ferme qui sert à alimenter 75 vaches laitières et autant de génisses. Si les pertes sont lourdes (deux hangars, deux tracteurs, une dizaine de machines agricoles) l'essentiel de l'outil de production a néanmoins été préservé. En effet, la fromagerie et la salle de traite, toutes proches du sinistre n'ont pas été touchées. Pour le frère Christophe, l'économe de l'abbaye, il s'en est fallu de moins d'une demi-heure. L'émotion de ces premières heures passées, le souvenir des explosions encore présentes dans les oreilles, le frère Christophe refusait néanmoins de céder à la panique ou à toute exagération mal venue : « Il est encore trop tôt pour estimer le coût total du préjudice. On va bien sûr devoir reconstruire, mais on va d'abord tirer les leçons de la chose pour ne pas répéter les mêmes erreurs, puisqu'il semble que c'est un tracteur qui a pu mettre le feu aux hangars. On va donc prendre le temps de la réflexion, en prenant en compte toutes les contraintes qui nous sont imposées par le classement des bâtiments. On ne peut pas faire n'importe quoi ». L'exploitation agricole est la principale source de revenu de la communauté, forte de 35 religieux. Quatre salariés font tourner cette ferme achetée en 1953 et qui exploite 220 hectares, dont la moitié en céréales, l'autre moitié en pâturages. Face à l'ampleur du défi, les religieux vont « prendre le temps de réfléchir ». Ils ont déjà reçu l'aide très active des agriculteurs voisins : « Ils ont sorti les balles de foin en feu et dans l'immédiat, ils vont nous aider pour les travaux des champs qui ne peuvent pas attendre ». Toute la matinée, les témoignages de soutien et de sympathie n'ont pas arrêté. C'est toute la région qui a ressenti très durement cet incendie, tant il est vrai que l'abbaye de Cîteaux est plus qu'un symbole. Franck BASSOLEIL